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ELUCUBRATIONS

l'amour se vit malheureux
sans toit ni loi mais à deux
on accepte mieux les problèmes
quand une femme nous dit "je t'aime"
mais quand on aime on ne compte pas
même si on pert la foi
le respect s'abandonne et ne se regagne pas,
à plus forte raison quand on l'oublie derrière soi
Et après il est trop tard, rattrapper ses erreurs avec un teint blafârd.
sors un peu du chemin, t'as trop semé derrière toi.
les cailloux dans ta chaussure ne regardent que toi, même si ils te
percent la peau, le sang ne coule pas
Sauf dans le coeur où tu continues de faire la loi, mais toujours sans
condescendance pour celui qui te suit, et celui là c'est moi.
même si tu ne le sais pas, je reste derrière toi. Sans épier,
sans espionner, je veux juste te protéger, prendre soin de toi.
Depuis quand n'ai-je pas respiré ton odeur? Une éternité, trop longtemps...
j'ai l'impression d'avoir perdu la notion du temps.
Même un livre dans les mains, de la fumée et du bon son dans la tête,
ça ne m'enlève pas l'image de toi. une image douce, un parfum fort,
c'est ce qu'on appelle un souvenir. Ca s'accroche, ça s'incruste,
ça comble le vide que tu as laissé, sans le soigner. Une sorte de placebo
un peu brumeux, qui ruine la santé plutôt que l'améliorer.
Ca ne guérit pas mais ça aide à tenir debout encore un peu.
Malgré tout. Malgré moi.
J'ai le portable en mains, numéro composé, je le connais par coeur
mais l'index se bloque, encore et toujours, impossible d'appuyer sur
cette putain de touche verte. Je bloque, je me braque et je me dis que
plus jamais je n'entendrai ta voix, je ne sentirai plus ton souffle chaud
parcourir mon cou et remonter lentement, tes longs cheveux glisser sur mes yeux.
C'est comme la plus puissante des drogues, et j'en suis privé.
Imagine le pire des junkies sans sa dose quotidienne, et multiplie à l'infini.
C'est comme une mort lente et douloureuse, mais la libération ne vient pas.
Une file d'attente interminable, et l'envie incontrôlable de pisser en
prime. Que du bonheur... Et j'ai perdu l'espoir d'arriver un jour au
guichet, et j'ai le pressentiment qu'il sera fermé si j'y arrive.
Métaphore intéressante, et malheureusement très (trop?) proche de la réalité.
Toi à Rennes, moi à Paris. quelques kilomètres entre nous. une distance
pas insurmontable si on oublie le fossé immense qui s'est creusé entre nous.
Mais même dans cet état, je continue d'avancer, mais la tête tournée vers
l'arrière. même si je sais pertinemment que je vais finir par me prendre un
poteau en pleine face. En même temps avec la baffe que j'ai pris avec toi,
je pense pouvoir enchaîner pas mal de chocs avant que mon crâne n'éclate
et se retrouve dans le même état que l'organe qui est sensé faire affluer
le sang dans mon corps.
Répandu sur le sol, je me couche les étendus le long de mon corps, et c'est
loin d'être pour me reposer. C'est une scène que je revis chaque soir en
me couchant, une séquence de film interminable, une mélodie mélancolique
qui tourne en boucle sur la platine, et le disque ne se raye jamais.
Au contraire, c'est celui qui l'écoute qui l'est. Et cette personne tu
sais qui c'est. Comme tu sais que tu ne peux pas oublier, malgré tes efforts.
Tu sais que c'est impossible, même avec ta nouvelle vie. C'est toujours
ce qu'on appelle un souvenir. mais c'est ta vie de maintenant qui te sert
de placebo. Laisse moi revenir au moins te voir, ne serait-ce qu'une fois.
Et là on verra ça q'on manque et çe qu'on est en train de rater. et les
images de ce qu'on pourrait vivre prendront forme. laisse moi revenir,
même si je ne supplierai pas. Connerie de fierté. ça empoisonne, encore
pire que les souvenirs. et le plus horriblme c'est quand les deux se
rejoignent. et là même la plus sucrée des liqueurs n'arrive pas à virer
la sensation pâteuse à l'interieur de la bouche. Même à pleines rasades
au goulot, genre geyser de liqueur qui coule dans la gorge et en brûle
les parois, ça finit toujours par remonter. Surtoût que ça n'est jamais
vraiment descendu. Y a comme une paroi indestructible, une sorte de vitre
épaisse qui tremble et secoue ce qui sert d'enveloppe charnelle. Une grosse
coquille vide, que je remplis avec tout ce que je trouve.
Amitié, alcool, drogue, comme la branche qu'on attrappe en tombant de la falaise.
On se sauve avec ce qu'on peut. On se sauve ou on se pert, ça dépend
de quel côtéde la barrière on se trouve. quand on la regarde de plus près,
c'est vrai qu'elle paraît étrange cette barrière.
D'un côté les gens "vivants", ceux qui sourient, marchent, courent et
en sont heureux. Et de l'autre les gens "morts", ceux qui ne sourient plus.
de toute façon ils ne savent plus comment on fait. La mécanique est
rouillée et tombe en morceaux. Et moi je suis a cheval sur cette barrière,
comme tant d'autres avec les jambes qui frottent contre les barbelés.
Et de temps en temps, tu enlèves un petit papier d'entre les briques
de la barrière. c'est un de ces papier que laissent les "morts".
C'est un peu leur mur des lamantations.
Tu lis ce qu'ils ont écrit, tu vois que tu pense comme eux, et c'est quand
tu commences à glisser de leur côté que des mains t'attrappent et te tirent
de l'autre côté sans parvenir à te faire chuter parmi les "vivants".
çe sont des mains de la famille, des amis. Et tu restes là, à cheval
entre deux mondes bien distincts et pourtant si semblables, sans pouvoir
tomber ni de l'un ni de l'autre. Alors tu observes, tu tentes de comprendre
ceux qui t'entourent, tu deviens une sorte "d'explorateur de la pensée",
un scientifique qui reluque sans chercher l'affrontement avec les idées
des autres, ceux des deux mondes.
C'est comme un lien, JE suis un lien, une passerelle, la liaison entre
ces deux peuples, si proches et si lointains en même temps.
Comme un trait d'union entre deux mots opposés.
Ce n'est pas une voie qu'on choisit, c'est une voie qui s'impose à nous,
comme une bifurcation où un des chemins serait fermé. On a pas le choix,
c'est imposé. C'est comme tout.
Enfin, c'est ce qu'on croit. C'est peut-être un rêve, un cauchemard.
Ou pire, la réalité.
A ton avis, c'est quoi le plus horrible?

# Posté le jeudi 03 janvier 2008 19:36

Modifié le dimanche 25 mai 2008 07:52

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